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mardi, 21 avril 2009

"Copie-moi cela, lui dirais-je, copie-moi cela encore."

Décidément, ce bon Diderot gagne à être relu. Quelle compagnie agréable, en effet, que celle de cet homme qui cite volontiers Montaigne, qui traite de la question de Dieu avec la raison, et de celle des femmes avec le cœur! Il a ce ton amical et non dénué de douce insolence, et sa bonhomie aurait pu être mise en bocal au Musée de l'Homme en guise d'échantillon universel. Barbey d'Aurevilly, qui ne l'aimait guère, disait de lui qu'il bavardait davantage ses livres qu'il ne les écrivait. C'est justement là ce qui fait la force du bonhomme, dont les dialogues sont aussi achevés et drôles que ceux d'un Cervantès. Je relis avec plaisir ses Salons, écrits sur le pouce dans le style léger de la gazette; et je m'arrête un instant, étourdi par la fulgurance du commentaire de La Raie dépouillée de Chardin (Salon de 1763): c'est là la première fois qu'on a pensé l'image.

Commentaires

"Quand on voit le style naturel, on est tout étonné et ravi ; car on s’attendait de voir un auteur, et on trouve un homme." La fameuse formule de Pascal s'applique à merveille à Diderot.

Écrit par : C.C. | mardi, 21 avril 2009

Le rapprochement entre Diderot et Pascal est justifié.

Diderot fait le pari inverse que Dieu n'existe pas, certes, mais rien n'est moins libre qu'un pari et on est bel et bien en présence de deux 'joueurs'.
(Du point de vue chrétien qui est le mien il est d'ailleurs plus raisonnable de parier sur le chaos ou le néant que sur Dieu, puisque le néant est le produit d'un ratio et l'entropie celui d'une symétrie.)

Écrit par : Lapinos | mardi, 21 avril 2009

Forcément, avec un pseudo comme le vôtre, il était logique que vous fassiez l'éloge de Diderot, ses salons, Chardin et sa raie.
Au moins vous avez le mérite de souligner que Diderot est fort peu "révolutionnaire" ou "néo-classique" comme on le dit parfois, mais bien plutôt baroque. Il croit s'intéresser à la peinture, alors qu'en réalité il a la passion de la musique et que la peinture demeure assez largement mystérieuse pour lui (D. confond -comme une bonne-soeur platonique !- ce qui est moral et ce qui est beau.)

Écrit par : Lapinos | mardi, 21 avril 2009

Constantin, votre compagnie n'est pas des plus déplaisantes elle non plus. Quelle compagnie agréable, en effet, que celle d'un homme qui cite volontiers Rabelais ou Béroalde de Verville - et toujours, comme ici avec Pascal, à point nommé -, qui parle de vin avec passion et de météo avec brio! Merci de me faire l'honneur de votre visite.

Écrit par : Marsyas | mardi, 21 avril 2009

"Le préjugé veut sans cesse trouver un homme derrière un auteur : dans mon cas, il faudra s'habituer au contraire."
P. Sollers.

Écrit par : Clément | mardi, 21 avril 2009

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