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vendredi, 29 mai 2009

Myth(étym)ologie

À l'origine, le tabou était une langue secrète de Polynésie, dont il ne nous est demeuré que le nom.

Commentaires

Tandis que les personnes dont les objets sexuels n'appartiennent pas au sexe normalement approprié, autrement dit les invertis, se présentent à l'observateur comme une collection d'individus susceptibles de se montrer tout à fait estimables par ailleurs, les cas dans lesquels des personnes sexuellement immatures (enfants) sont choisies comme objets sexuels apparaissent d'emblée comme des aberrations sporadiques. Il est exceptionnel que les enfants soient l'objet sexuel exclusif; le plus souvent, ce rôle leur est assigné lorsqu'un individu devenu lâche et impuissant se résout à une telle substitution, ou qu'une pulsion impérieuse (impossible à différer) ne peut en temps voulu se rendre maître d'un objet approprié. Quoi qu'il en soit, la nature de la pulsion sexuelle est éclairée par le fait qu'elle autorise une si grande variation et une telle dépréciation de son objet, chose que la faim, qui tient à son objet avec bien plus d'énergie, ne tolérerait que dans le plus extrême des cas. La même remarque s'applique aux rapports sexuels avec des animaux, qui sont loin d'être rares, en particulier dans la population des campagnes, l'attraction sexuelle semblant franchir, à cette occasion, la barrière des espèces.
Pour des motifs esthétiques, on aimerait pouvoir imputer cette aberration aux malades mentaux, de même que d'autres aberrations grave de la pulsion sexuelle; mais cela n'est pas possible. l'expérience montre que les troubles de la pulsion sexuelle observés chez ces derniers ne sont pas différents de ceux des bien-portants, quelle que soit leur race ou leur condition. Ainsi rencontre-t-on avec une fréquence extraordinaire l'abus sexuel des enfants chez les maîtres d'école et le personnel de garde, simplement parce que les meilleures occasions leur sont offertes. Les malades mentaux présentent l'aberration en cause sous une forme seulement accentuée, ou bien, ce qui est particulièrement significatif, promue à l'exclusivité et substituée à la satisfaction sexuelle normale.
Cette relation très singulière entre les variations sexuelles et l'échelle de degrés qui va de la santé aux troubles mentaux donne à réfléchir. J'aurais tendance à penser que le fait qu'il nous incombe d'expliquer nous indique que les motions de la vie sexuelle font partie de celles qui sont aussi les plus mal maîtrisées, en temps normal, par les activités psychiques supérieures. Celui qui, d'une manière ou d'une autre, d'un point de vue social ou éthique, est mentalement anormal, celui-là l'est aussi invariablement dans sa vie sexuelle, si j'en crois mon expérience. Mais beaucoup sont anormaux dans leur vie sexuelle, qui se conforment en tous autres points à la ligne générale et qui ont suivi dans leur personne le développement culturel humain dont le point faible reste la sexualité.

Sigmund Freud, 1905

Écrit par : St Marc | samedi, 30 mai 2009

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