Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

jeudi, 06 août 2009

Des tons approchants

L'autre jour, j'ai voulu dire quelque chose dont je ne savais pas véritablement quoi penser. Ou, plus exactement, j'étais incapable d'identifier ce que je ressentais face à cette chose. C'est la raison pour laquelle je n'ai trouvé aucun ton pour la dire. S'il n'y a pas de mot, on peut toujours s'en sortir avec une périphrase ou un néologisme assez limpide. Mais s'il n'y a pas de ton, il n'y a pas de ton.

Le fait est que je ne pouvais pas me contenter d'un ton neutre. Je voulais transmettre ce sentiment difficilement identifiable à mes interlocuteurs. Alors j'ai opté pour un ton approchant, en espérant bêtement qu'on le prenne pour tel. Opter pour un ton approchant, c'est comme quand ça vous démange vous ne savez pas vraiment où, et que vous grattez à tâtons, autour de la supposée zone démangeante. "Quand je n'ai pas de bleu, je mets du rouge." Des tons approchants, c'est exactement ce que je me suis dit quand j'ai opté pour l'un d'eux, au moment où j'ai commencé à dire ce que j'avais à dire. (Il va sans dire qu'on ne sélectionne pas le ton sur lequel on va dire ce qu'on a à dire avant de le dire, mais que le ton arrive de lui-même, pendant qu'on dit. Dans la vie, pas de didascalie.)

Je me suis vite rendu compte que les tons étaient bien trop distincts les uns des autres, bien trop singuliers pour qu'il en existe des approchants. Mais c'était déjà trop tard. J'ai fini de dire ce que j'avais à dire en croisant les doigts pour que mon ton encore moins approchant à la fin qu'au début passe inaperçu. Mais, j'aurais dû m'en douter, il était tellement inadéquat qu'on m'a demandé de m'expliquer à son sujet. Et comme, évidemment, j'en étais bien incapable, j'ai tenté d'expliquer ce que je peine encore à expliquer ici.

Naturellement, on a pris ça pour une diversion. On ne m'a pas cru. On était sûr que j'avais trop honte de mettre en mots ce que mon ton avait trahi. Un ton, ça ne trompe pas. Un mot pour un autre, passe encore. Mais un ton pour un autre, c'est encore pire qu'un lapsus: ça relève de l'acte manqué.

Bien sûr, je comprends tout à fait qu'on ne m'ait pas cru. Le ton, c'est les "inflexions volontaires ou involontaires que prend la voix d'un locuteur et qui dévoilent sa personnalité, son état psychologique ou affectif, ses intentions." nous dit bien le dictionnaire. Et c'est moi qui souligne.

Commentaires

« Mais un ton pour un autre, c'est encore pire qu'un lapsus: ça relève de l'acte manqué.»

De l'acte manqué ou du mauvais acteur!

http://www.youtube.com/watch?v=iyBXfmrVhrk&hl=fr

( J'avais le choix entre ça et Jean Claude Van Damme ).

Écrit par : stive | dimanche, 09 août 2009

Les commentaires sont fermés.