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mardi, 16 mars 2010

Mon printemps des poètes

J. est un jeune grand-père. Il vieillit bien et a une belle barbe, comme Victor Hugo.
Le dimanche, J. mange de bons plats, boit du bon vin et fume un bon cigare. La semaine, il est poète du dimanche. Il distribue volontiers ses sonnets et ses chansons à ses deux secrétaires, qui les classent par ordre de préférence dans un dossier rose comme les pages roses du dictionnaire.
J'ai aperçu dans ses toilettes un dictionnaire de grec ancien et, au dos des portes des armoires de ses enfants, les vers qu'il a écrits à l'occasion de leurs anniversaires. Ces poèmes de circonstance ont rythmé, m'a-t-on dit, les seuls sanglots qu'on lui connaît. Je ne sais pas s'il y a ici un lien à faire avec le fait qu'il conçoive difficilement qu'on puisse réussir à trouver le sommeil si l'armoire à vêtements est restée ouverte.
J'ai réussi à copier cette strophe, tirée d'"Ecstasy", l'un de ses derniers poèmes, qu'il m'a fait lire alors que nous prenions l'apéritif:

Le lapin a jailli comme un éclair
Du chapeau posé par terre
Tout blanc et pâle comme un spectre
Par delà la mer rouge, mousseuse, abjecte
Il s'est accroché à l'île verte
Où les marins dénoyés riaient
Édentés, de cette découverte
D'un lapin tout pelé.

Je ne sais pas non plus s'il y a là un lien à faire avec le fait que, pour son anniversaire, ses enfants lui aient offert un nécessaire de peinture.

Commentaires

"Dénoyés" : comme les olives ?

Écrit par : Mady, hôtesse de caisse | jeudi, 18 mars 2010

Comme les olives marinées, en l'occurrence, ici.

Écrit par : Marsyas | jeudi, 18 mars 2010

J comme jean-claude?

Écrit par : stive | mercredi, 07 avril 2010

Non: J. comme Je-préfère-taire-son-nom.

Écrit par : Marsyas | lundi, 19 avril 2010

Les commentaires sont fermés.